Marcela Gargiulo, Psychologue clinicienne à l’Institut de Myologie et au département de génétique de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), Professeure au PCPP – EA 4056 (Université de Paris).
Titre : Cliniques des maladies somatiques, génétiques, du handicap
Argument : La clinique des maladies somatiques, du handicap et, plus encore, des maladies génétiques agit comme un précipité de questions humaines fondamentales. Ces pathologies, qui traversent tous les âges de la vie — parfois à la naissance, parfois surgissant plus tard sans prévenir — convoquent brutalement des interrogations sur l’origine, la filiation, le hasard, la transmission, le sens de la vie, la valeur même de l’existence. Elles viennent mettre à l’épreuve nos repères symboliques, nos ressources de pensée et nos catégories cliniques fondamentales.
À partir de situations rencontrées en consultation de génétique — diagnostic prénatal, dépistage néonatal, maladies rares à expression incertaine —, ce séminaire interrogera les nouvelles formes d’incertitude et de non-savoir que traversent les enfants, les parents et les familles : attente d’un diagnostic, d’un traitement, d’un devenir… Cette temporalité suspendue produit des effets psychiques profonds mais aussi élaboration de récits nouveaux pour soutenir la continuité psychique.
Par ailleurs, les maladies génétiques, souvent héréditaires, réveillent les fantômes familiaux, réactivent des culpabilités anciennes, ouvrent la voie à des travaux de vérité parfois ravageant : dévoilement de secrets, ré-interrogation des origines, confrontation avec les pactes dénégatifs inter et transgénérationnels. Ces expériences mettent en tension l’éthique du soin psychique, les liens d’alliance et de filiation, et les conflits entre savoir, transmission et vérité.
Ce séminaire se propose d’aborder ces expériences-limite à la lumière de la psychopathologie psychanalytique, en revisitant les concepts de traumatisme, d’angoisse-signal, de processus identificatoires, de symptôme, de scène fantasmatique familiale, de destin et de destinée. Car si cette clinique prend appui sur la génétique médicale, elle résonne bien au-delà : avec les cliniques de l’incertitude, du handicap, des maladies chroniques, et plus largement avec tout ce qui, dans notre expérience de cliniciens, défait les évidences et convoque une réélaboration du sens.
Lieu : Vienne
Dates : 2 et 3 octobre 2O26
Odile Gaveriaux, psychothérapeute d’enfant et d’adolescent, membre de la TSP (Société des Psychothérapeutes de la Tavistock Clinic, Londres).
Titre : L’Observation psychanalytique selon Esther Bick et Martha Harris, un outil d’une grande richesse pour mieux appréhender le développement émotionnel du bébé, de l’enfant et de l’adolescent, et ses applications cliniques dans notre travail quotidien
Argument : Ce séminaire abordera la 1ère journée : L’Observation Psychanalytique selon Esther Bick et Martha Harris, un outil d’une grande richesse pour mieux appréhender le développement émotionnel de l’enfant et de l’adolescent en commençant par celui du nouveau-né. Cet exposé se fera à partir d’extraits d’observations faites dans le cadre de la formation : extraits de l’observation d’un nourrisson et extraits d’observations de deux jeunes enfants en classe maternelle. Dans le deuxième temps de la matinée sera proposée une illustration thérapeutique : l’observation psychanalytique, un recours et une aide précieux dans une situation d’urgence.
La 2e journée traitera de l’Observation Psychanalytique dans notre travail quotidien et ses applications cliniques. Nous pourrons appréhender au travers de différentes situations cliniques comment mieux comprendre l’impact des états émotionnels primitifs chez de jeunes patients en souffrance permet de mieux élaborer et ajuster notre pratique. – Présentation 1 dans le cadre d’une consultation mère/enfant : Pierre, un enfant de 18 mois asthmatique depuis plus d’un an est hospitalisé régulièrement pour cela mais il ne répond plus au traitement. Le pédiatre conseille à la maman de prendre rendez-vous au CMPP pour une consultation avec un psychothérapeute. – Présentation 2 dans le cadre d’un travail régulier avec une équipe d’éducateurs en Foyer accueillant des adolescents difficiles.
Lieu : La Garde/Toulon
Dates : 2O et 21 novembre 2O26
Marie Moquillon, Psychologue, psychothérapeute d’enfants et d’adolescents modèle Tavistock, Formatrice au Centre Martha Harris de Larmor Plage.
Titre : Impact et valeur des expériences émotionnelles dans la thérapie d’enfants et d’adolescents – “Une expérience émotionnelle est une rencontre avec la beauté et le mystère du monde […]”
Argument : Cette définition magnifique mais aussi complexe que nous a laissé D. Meltzer de l’expérience émotionnelle peut s’étendre à celle de tout thérapeute avec ses patients. L’accompagnement thérapeutique n’est- il pas motivé par la rencontre de l’autre, la rencontre avec une forme de beauté, notre intérêt pour l’autre, ce qu’il dit, ce qu’il montre, la confiance qu’il accorde, et puis, très certainement avec une forme de mystère autour de cet autre, mystère qui soutient notre recherche, nos questions, qui est-il ? De quoi souffre-t-il, et comment le comprendre ? Ainsi notre motivation de thérapeute à aider, accompagner, est soutenue par l’expérience émotionnelle elle-même, expérience dont je propose d’aller à la rencontre. M. Klein nous a mis très tôt sur la voie de la vie émotionnelle, en premier lieu celle des bébés. Bion, à sa suite, a fait des expériences émotionnelles d’amour et de haine, élargies à la soif de connaissance, un évènement premier du développement et de la constitution d’un appareil à penser. En élargissant le sens donné à la projection (ou identification projective) pensée comme une forme de communication, il nous donne des clés pour la compréhension des enfants et adolescents dont on s’occupe. Je propose donc, au cours de ces deux jours, de partir à l’écoute des expériences émotionnelles de nos patients et des nôtres, de façon à les réfléchir et à penser notre attitude thérapeutique devant ce matériel. Nous commencerons par regarder ensemble un bébé évoluant dans son cercle familial, et comment un observateur attentionné, en développant sa capacité à rester en contact avec le vécu émotionnel de l’enfant, découvre les possibilités du bébé à faire face, montrant ainsi de vraies capacités qui lui seront précieuses tout au long de sa vie. Il arrive que les expériences émotionnelles précoces, pour diverses raisons, n’aient pu être contenues (traumatisme, deuil, degré d’intensité, capacité constitutionnelle…). Dorénavant, l’enfant s’en protège et s’en défend et se présente comme si rien ne pouvait l’atteindre, ses défenses pouvant prendre la forme d’un retrait de la relation. Nous verrons, avec Théo, comment son développement est impacté, puis comment l’attention et la compréhension peuvent redonner l’espoir d’un nouvel élan vital et d’une ouverture psychique au monde. Enfin, je parlerai de thérapies avec des adolescents. En suivant Hortense, Morgane, Émile, et les émotions auxquelles ils sont confrontés et m’ont confrontée, nous nous mettrons au contact d’une forme d’intensité dans la relation. L’adolescence est une période de turbulence hormonale, corporelle, pulsionnelle, elle soumet l’adolescent a une vie émotionnelle sans doute intense pour affronter ces transformations. À propos de la rencontre entre deux personnalités en milieu fermé, tel l’analyste et l’analysant, Bion parle de « tempête émotionnelle » exigeant pour l’analyste « de se tenir solide au poste ». Peut-être pouvons-nous penser une telle tempête intérieure pour l’adolescent aux prises avec la personnalité de l’enfant qu’il était et celle de l’adulte en devenir et l’importance de se « tenir solide au poste » pour continuer à penser à partir de ces sentiments et permettre la croissance psychique. Nous penserons ensemble ce que peut vouloir dire se tenir solide au poste et comment aider l’adolescent à trouver sa propre solidité interne.
Lieu : Vienne
Dates : 15 et 16 janvier 2O27
Et aussi à venir :
Sa O5-Di O6/O6/2O27 Régine Prat (Vienne)
